OKJA de Bong Joon-ho





Okja, c’est la nouvelle production Netflix. Sélectionnée au Festival de Cannes, le film a vécu une véritable chasse aux sorcières de la part des exploitants cinématographiques lambda. La polémique a pris plus de place que le film en lui-même. La sortie le 28 juin sur la plateforme a fait taire les rumeurs pour qu’on parle enfin du fond! Et c’est pas plus mal! Bong Jon-ho est un réalisateur coréen connu notamment pour mélanger des problèmes sociétaux et la science-fiction. C’est surtout le créateur de l’excellent « The Host » critique écologique sur l’occident qui jette des produits toxiques dans l’océan.  Il est connu pour sa réalisation de la BD « Snowpiercer » (superbe BD en passant) , fable post-apocalyptique où des ingénieurs avaient tenté de contrer le réchauffement climatique en provoquant une sorte de cataclysme.

Pour revenir à nos moutons ou plutôt à nos cochons ! Okja, c’est avant tout une belle histoire d’amitié entre une petite fille Mija et un énorme cochon Okja. En 2007, la société Mirando Corporation (Monsanto à vos souhaits), présidée par Lucy Mirando ont l’idée brillante de « créer » une forme de mutant-cochon sous OGM : « Les Supers-Cochons ! » 26 d’entre-eux sont répandus chez des agriculteurs partout dans le monde. La petite Okja a eue « la chance » de tomber sur le grand-père de Mija en Corée du Sud où elle sera élevée avec amour et dans la nature. Malheureusement en 2017, le concours prend fin et l’entreprise américaine vient reprendre ses 26 cochons pour le grand concours. Le Dr Johnny Wilcox vient à leurs rencontres pour sélectionner le ou la future gagnant(e). Okja fait partie des favorites et elle est enlevée à Mija pour partir à New York. Bon jusque-là, nous sommes dans la fable gentillette, si on est un peu niais, on peut se dire « oh c’est cool elle va devenir une super star ! » Euuh non, non et non … C’est comme dans les Désastreuses aventures des enfants Baudelaire, ceux qui arrivent après et bien pire que ce que vous pouvez penser … Mija fera tout pour récupérer son amie et elle sera face à la cruauté des hommes durant tout son périple jusqu’à New-York. Elle sera aidée par une association pacifique, pro-vegan contre la maltraitance des animaux une sorte de L214. 

Bien évidemment, Okja, c’est  une critique sur la maltraitance des animaux, notamment les  animaux et le spectacle : La critique des Zoos  et de l’exploitataion des animaux dans le divertissement. Mais le thème principal du film c’est surtout la souffrance des animaux dans les abattoirs. Okja n’est pas épargnée par la cruauté. Nous suivons son parcours dans cet enfer. En premier lieu, dans le laboratoire du Dr Johnny Wilcox qui est contraint (il parait qu’il aimait les animaux) de mener « plusieurs expériences » sur cette pauvre bête. Et pour finir dans les abattoirs, la fameuse scène qui ne peut laisser personne insensible; pas même un gros mangeur de viande. Scène qui nous fait penser à un épisode douloureux de l’Histoire : les camps de concentration. Eh oui, vous ne le savez peut-être pas, mais les industriels de l’agro-alimentaires se sont inspirés de l’idée des nazis pour parfaire leur business. 

Pour terminer, le film aurait mérité à être diffusé dans les salles, les prises de vues sur la Corée du Sud sont magnifiques et la conception du personnage de Okja est géniale. Le casting est plus américain que coréen mais il est 5 étoiles ( Tilda Swinton, Jake Gyllenhaal, Paul Dano, Giancarlo Esposito … ) mention spéciale à la jeune actrice Seo-Hyun Ahn qui porte le film de bout en bout et à l’affiche du film qui veut tout dire. Je conseille ce film à toute la famille pour une véritable prise de conscience.

Mais attention, après sa diffusion vous risquez de devenir végétarien ! 

A vous de voir 🙂