SERIE NETFLIX : RUSSIAN DOLL





 Vous avez déjà ressenti ce sentiment d’injustice de savoir que vous êtes doué pour quelque chose mais personne ne le voit ? Lorsqu’on est comédien (e), on est soumis au choix et aux envies des créateurs, réalisateurs, metteur(e)s en scène, directeurs ou directrices de casting. Soumis aux envies des autres et non aux siennes. Alors, on vous cantonne à des personnages sans saveur et insipide parce qu’ils l’ont choisi. Jamais de premiers rôles, toujours des secondaires dans l’ombre des autres. Une personnalité trop forte, difficile à gérer, une voix trop grave ou pas assez. Vous êtes atteint du syndrome de la société de consommation: Le trop ou pas assez. Alors que faire ?

Des fois, il suffit juste de se jeter à l’eau et d’arrêter d’attendre. Si on arrive plus à se réaliser autant créer un personnage et une histoire qu’on a envie d’interpréter pour prouver qu’on est loin d’être un acteur ou une actrice de seconde zone. C’est bien connu  et comme le dit l’adage : “ On n’est jamais si bien servi que par soimême! «

C’est ce que prouve Natascha Lyonne avec sa série sur Netflix !

Ah pardon, vous ne savez pas qui est Natascha Lyonne ? Personnellement, je ne connaissais pas son nom non plus, le fameux syndrome de l’acteur secondaire … Je me suis promenée un peu sur la toile et j’ai lu qu’elle avait tourné dans “American Pie”, qu’elle était devenue la Lindsay Lohan de l’époque … tu m’étonnes avec les choix de personnages de teenagers qu’on lui proposait, le seul choix qu’elle avait c’était de se foutre en l’air. C’est ce qu’elle a fait … avec la drogue ! Et puis un rôle de jeune cheerleader homosexuelle  dans « But I’m Cheerleader! » et bim la voici bloquée. Elle sera Nicky dans “Orange is the new black” pendant 7 saisons, la rousse new-yorkaise, juive et accro au sexe. Sa boucle temporelle à elle ….

“ Russian Doll “ ou “Poupée russe” sera sa porte de sortie ! Elle co-produit, co-écrit et co-réalise sa série et avec ENFIN un premier rôle. Un personnage qui lui colle à la peau, qui lui ressemble et qui nous épate.

Nadia est une fougueuse créatrice de jeux vidéos new-yorkaise, avec une vie dissolue qui fête ses 36 ans un soir avec des amis. Mais ce soir-là , tout ne se passe pas comme prévu, elle meure brutalement renversée par un taxi. Mais le cauchemard continue, elle se réveille quelques heures plus tôt, durant sa fête d’anniversaire dans la salle de bain. Nadia est bloquée dans une boucle temporelle où elle doit revivre cette soirée avec des morts différentes. Difficile de comprendre ce bug ainsi que le pourquoi du comment … surtout quand on est seule. Au bout de diverses morts tragi-comique, Nadia commence à déchanter et à craindre certains objets de la vie quotidienne comme des escaliers ou des bouches d’égouts. Au bout du compte, elle devient indifférente à la mort , elle ne la craint plus même dans un ascenceur qui plonge dans le vide. Elle est juste dégoutée d’avoir été rattrappée encore une fois. Mais dans cet ascenceur, elle croise un homme, Alan, qui comme elle, semble indifférent à la situation. Peu importe, lui aussi meurt tout le temps.

Alors pourquoi, pourquoi eux ? Ont-ils fait quelque chose de mal ? Tout comme dans le film “Un jour sans fin”, Nadia et Alan vont essayer de s’améliorer à chacune de leurs morts pour essayer de comprendre et de passer le niveau de ce jeu infernal. Comme un Phoenix, le cosmos leur donne une chance de renaitre de leurs cendres et d’affronter la vie autrement.

Le scénario est intelligent, plein d’humour et il arrive facilement à se réinventer à chaque épisode. La réalisation est simple, soignée et le format de 30mn donne un rythme intéressant au concept. Pour l’interprétation tout repose sur Natascha Lyonne qui donne à la série une dimension à la fois comique, tragique et dramatique.

Drôle, émouvant, magnétique et addictive, “Russian Doll” est une série brillante.

C’est certain, Natascha Lyonne a pris sa revanche et nous, on en redemande encore, encore, encore, encore , ….

Alors laissez-vous surprendre !