SERIE : The Haunting of Hill House





Tu es passé à côté de la nouvelle série de Netflix ??? IMPOSSIBLE !!! ou alors c’est que tu regardes l’ancien meuble dans ton salon, tu sais celui avec l’écran où ton cerveau meurt  à coups d’émissions plus futiles et inintéressantes les unes que les autres … Si jamais c’est ça, rajoute sur ta liste pour le Perce Oreille un cable HDMI et un abonnement pour un service VOD comme Netflix !

Pour revenir à nos moutons, après les vacances de la Toussaint, j’ai choisi de vous parler de la série de Mike Flanagan qui va bien avec le thème des morts : “The Haunting of Hill House”. Plongez dans l’histoire passionnante, tragique et d’une tristesse absolue de la famille Crain. Olivia et Hugh Crain sont architectes et ils veulent remettre à neuf cette jolie maison sur la coline … mais hantée. Ils décident de s’installer avec leurs cinq enfants durant un été, le temps des travaux. Mais ils se retrouvent peu à peu dans un cauchemar éveillé qui va les poursuivre tout le long de leurs existences. Tout commence dès le suicide de la mère (Olivia), où nous assistons à la scène de la fuite du père et des enfants en pleine nuit. Hugh pense les sauver de quelque chose mais de quoi ? Nous les retrouvons 26 ans après, traumatisés et perdus dans leur vie d’adulte. Les cinq premiers épisodes sont consacrés à chacun des enfants jusqu’au sixième qui marque la seconde partie de la série  (et pas la meilleure)

J’ai souvent été partagée en regardant cette série … Esthétiquement, elle est réussie, me faisant penser tantôt à l’univers de Lovecraft et tantôt aux films espagnoles du genre comme “The Other “ ou  » Le Labyrinthe de Pan  » de Guillermo del Toro, toujours dans un rythme lent et où l’horreur est dans l’intime. La réalisation est soignée et les prouesses techniques sont visibles, le mode labyrinthique est très interessant. L’idée de grappiller à chaque épisode, un élément qui fait avancer l’intrigue est juste jouissif. Toute cette partie est réussie et c’est ce qu’il rend intéressant la série !  Mais, hélàs …. elle est loin d’être parfaite …

Pour l’interprétation,  outre les enfants qui sont vrais dans leurs jeux d’acteurs donc bons, les adultes sont parfois à la limite du surjeu notamment les fantômes de la famille : la mère Olivia et la dernière des enfants Nell. L’actrice, Carla Guigno en fait beaucoup trop et elle est souvent à la limite du cliché tandis que Victoria Pedretti donne au personnage un côté mièvre et énervant … Les autres remplissent le contrat et heureusement car sinon tout ceci serait indigeste.

Pour le scénario, c’est une histoire de maison hantée avec les fantômes et non une histoire de fantômes. Certaines scènes font frissoner mais on n’arrive jamais à trouver une raison valable de sursauter. D’ailleurs, au niveau scénaristique, il y a des problèmes. L’équipe a choisi de mettre en avant le personnage de Poppy parmi les fantômes (mais pourquoi ?), vous savez le fantôme un peu dinguo de la maison ?  Elle est vite traitée voire baclée et on se rend compte que si elle avait été juste citée ça aurait été pareil, car en fait tout le monde s’en fou ! Il y en a pleins d’autres qui déambulent et c’est dommage car on évoque quelques histoires rapidement sans se focaliser sur eux. En somme, on comprend vite que c’est juste la déco tout comme la maison ( ImDb s’est amusé à répertorier les 43 fantômes qui sont cachés durant la saison 1 … super ! ) Après c’est vrai, c’est quand même une jolie déco et à part regarder ce qu’ils se passent autour d’eux ils ne sont pas non plus trop chiants comme colocataires.

Et les problèmes scénaristiques, il y en a pleins d’autres, par exemple l’homosexualité de Théodora ( pourquoi pas, mais on a la sensation que c’était juste pour cocher la case, on a notre personnage homo. Chouette! on aura la communauté gay de notre côté), Shirley la coquine qui trompe son mari avec un mec rencontré dans une conférence pour le boulot ( un souvenir qui devient un fantôme, celui de sa culpabilité ) , le mari de Nell qui meurt comme ça  et les gentils voisins et leur fille cachée qui meurt facilement … tout ça c’est un peu tiré par les cheveux.

A la fin, on comprend que c’est juste un drame familial. La maison ne serait qu’une métaphore de la folie`. Tout comme les fantômes ne sont que les métaphores de leurs culpabilités, de leurs frustrations, des non-dits, de leurs maladies et surtout du deuil.  L’histoire d’une mère qui perd l’esprit peu à peu qui essaye de tuer sa famille. Et pour se libérer elle se tue. Des enfants et un père traumatisés, une maladie qui semble génétique et une peur de la folie. La vraie fin serait peut être que TOUT ceci s’est déroulé dans leurs têtes. L’exemple du labyrinthe dans le générique qui conduit dans cette pièce la Red Room. Le labyrinthe de leurs esprits malades qui leur joue des tours et cette maison ne reste qu’un prétexte.

Certains ont trouvé que la fin était juste parfaite, je l’ai trouvé baclée et facile donc décevante …

Loin de la série d’horreur sur laquelle les médias veulent la faire passer “The Haunting House of Hill” reste une tragédie familiale très sombre et triste.

Pour moi, ce n’est qu’un conte mélancolique d’automne et sans confettis …